Deux roadsters. Deux philosophies. Et deux façons très différentes de te faire croire que tu es Ryan Gosling dans Drive… alors que tu vas juste au taf en doudoune airbag.
D’un côté, la Kawasaki Z650 : bicylindre parallèle, compacte, facile, efficace, le “best buddy” du permis A2 (et pas seulement). De l’autre, la Honda CB650R : quatre-cylindres en ligne, look néo-rétro premium, et en 2025 elle arrive avec son gadget génial : l’E-Clutch (oui, tu passes les rapports au pied, mais tu peux oublier le levier en ville).
On les met face à face façon duel de western. Sauf qu’au lieu de revolvers, on a des Dunlop Roadsport 2, des disques de frein, et une bonne dose de mauvaise foi contrôlée.
Les combattantes
Kawasaki Z650 : la polyvalence façon couteau suisse
Twin parallèle 649 cm³, 68 ch et 64 Nm, 188 kg tous pleins faits, selle à 790 mm. Une moto compacte, vive, permissive, et bridable A2 via un bridage électronique. Elle a évolué “tranquille” : look Sugomi, Euro5, et surtout un compteur TFT couleur connecté (Rideology). Pas de contrôle de traction ici : c’est toi, ta main droite, et basta.
Honda CB650R : la classe qui hurle à 12 000 tr/min
Quatre-cylindres en ligne 649 cm³, 95 ch et 63 Nm, autour de 207 kg tous pleins faits, selle à 810 mm. La CB650R, c’est la plus “bijou” du segment : finition au top, esthétique Neo Sports Café, et ce faisceau de collecteurs façon orgue d’église des années 70. En 2024, Honda a ajouté l’E-Clutch : un embrayage robotisé léger (2 kg) qui te simplifie la vie… sans transformer la moto en maxi-scooter, calmos.
Round 1 – Design & présence : “bad boy” vs “tailleur italien”
La Z650 joue la carte Sugomi : regard plissé, moustaches LED, réservoir très sculpté. Elle veut faire la grande, façon Z900 en cure minceur. Ça marche : elle a une vraie gueule, agressive sans être ridicule.
La CB650R ? Elle est dans un autre délire. Plus chic, plus “Neo rétro premium” : optique ronde moderne, métal apparent, et ces collecteurs alignés qui font instantanément monter la valeur perçue de 2 000 €. La Honda, c’est Beyoncé en tenue de gala. La Kawa, c’est Travis Scott en hoodie noir.
Point Honda. Parce que la CB650R, objectivement, met tout le monde d’accord en finition et en style.
Le meilleur look pour aller avec la bécane ?

Blouson Alpinestars T-GP Plus R V3 Noir
Pourquoi ? Alpinestars reste la référence « racing » grand public. En version textile, le prix d’appel est bon pour de l’affiliation A2. Prendre un coloris Noir/Blanc ou Noir/Vert fluo pour coller à la Kawa.
On l’a trouvé à un prix tout petit chez Speedway (moins de 150 euros !)

SEGURA Blouson STRIPE BLACK EDITION
Segura est imbattable sur le cuir look vintage/urbain en France. Ça contraste bien avec le côté « plastique/sport » de la tenue Kawasaki. Ça donne un côté plus « mature » à la Honda.
On l’a trouvé à un prix givré chez Moto-Axxe avec 70 euros de réduction !
Round 2 – Moteur & sensations : couple immédiat ou montée d’adrénaline
La Z650 envoie du plaisir “utile” : ça tracte, ça répond, et tu peux rouler en ville sur un filet de gaz. Entre 4 500 et 7 000 tr/min, ça pousse bien, avec un twin vivant (et quelques vibrations dans le guidon aux mi-régimes). Pas besoin d’aller chercher la lune pour s’amuser.
La CB650R, elle, te fait patienter. Sous 8 000 tr/min, elle est souple, propre, mais pas démonstrative. Puis elle se réveille, et là… elle hurle, elle tire, elle devient “screamer”. C’est le charme du 4 cylindres : moins de coffre en bas, plus de cinéma en haut.
Si tu roules beaucoup en A2 (ou juste en mode “je veux du répondant sans tomber deux rapports”), la Z650 est plus naturelle.
Point Kawasaki. Parce que le twin est plus exploitable au quotidien, et ça, en 2025, c’est du luxe.
Round 3 – Ville : la reine du quotidien vs la techno qui sauve le poignet
En ville, la Z650 est dans son élément : compacte, agile, commandes douces, embrayage souple et réglable (rare à ce niveau), moteur assez coupleux pour faire “tout en 3 ou 4”. Elle est permissive, pratique, et son équilibre rassure.
La CB650R n’est pas mauvaise (loin de là) : elle est agile, bien équilibrée, et accepte de rouler à 50 en dernier rapport. Sauf que son rayon de braquage est un peu large. Et surtout, sa vraie arme secrète, c’est l’E-Clutch : tu t’arrêtes, tu repars, tu changes de rapport… sans tirer le levier. C’est fluide, doux, presque “seamless”. On s’y habitue vite et, pire : on en devient accro.
Point Honda. Parce que l’E-Clutch, en usage urbain, c’est le cheat code.
Round 4 – Route & départementales : efficacité accessible ou précision premium
La Z650 est une machine à se marrer. Train avant serein, bonne garde au sol, et ce côté “on danse avec la moto”. Les suspensions sont basiques (fourche non réglable, amortisseur précharge), mais elles encaissent très correctement tant que tu ne joues pas au pilote Moto2 sur une route fripée. Les Roadsport 2 font le job… jusqu’à ce que tu commences à attaquer dans l’humide et l’ombre.
La CB650R est plus posée, plus stable, plus “châssis sérieux”. Fourche inversée Showa SFF-BP, freinage à étriers radiaux, ensemble très bien accordé. Seul reproche : le pneu arrière en 180 la rend un poil moins vive que ce qu’elle pourrait être (la Hornet en 160 a raison, comme un iPhone 15 face à un Nokia tuning).
Et l’E-Clutch sur route ? Ça agit comme un quickshifter up/down très propre : rapide, doux, efficace, même quand le rythme change.
Point Honda. Pour le feeling de précision et le package partie-cycle/freinage plus haut de gamme.
Round 5 – Confort, duo, ergonomie : la bonne surprise vs le passager puni
La Z650 marque un gros point : après deux jours de roulage, pas de fatigue notable. Position naturelle, selle correcte, suspensions prévenantes. Kawasaki a même revu l’assise passager pour la rendre moins “égoïste”. Et ça compte.
La CB650R est confortable en solo, avec une selle et des suspensions “très acceptables”. Mais côté duo… Honda a eu une idée géniale : supprimer les poignées passager pour gagner 424 g. Oui. 424 g. Autant dire un demi sandwich triangle. Résultat : passager moins bien loti pour se tenir.
Point Kawasaki. Pour le confort global et un duo moins punitif.
Round 6 – Équipement, techno & praticité : TFT connecté vs cockpit moderne + USB-C
La Z650 a fait un vrai bond avec son TFT couleur connecté et Rideology : infos, maintenance, messages/appels, trace GPS sur le smartphone. Mais… pas de commande au guidon pour naviguer facilement dans les menus. Et côté pratique : pas de prise USB d’origine.
La CB650R offre un TFT 5 pouces bien intégré, piloté via un commodo/joystick rétroéclairé (petit plaisir), avec Honda RoadSync et commande vocale. Et surtout : USB-C sous la selle. Bonus : contrôle de traction HSTC déconnectable, et E-Clutch paramétrable.
Point Honda. Plus moderne, plus complet, plus “2025”.
Round 7 – Consommation & budget : pragmatisme vs premium assumé
Conso relevée :
- Z650 : 5,8 L/100 km en mode essai soutenu, avec potentiel à 4,5 L/100 en usage cool, soit 300 km+ avec 15 L.
- CB650R : 5,7 L/100 km en essai soutenu, et souvent moins de 5 L/100 en conduite douce, avec 15,4 L.
Côté tarif, on a un clair match “raison vs premium” : la CB650R E-Clutch est annoncée à 9 149 €. La Z650, dans l’essai source, était autour des 7 099–7 399 € selon période/coloris (prix d’époque), et reste globalement la plus abordable dans l’esprit.
Point Kawasaki. Parce qu’à prestations plaisir, elle te laisse plus de budget pour l’assurance, l’équipement… et l’essence (ou un kebab, chacun ses priorités).
Tableau comparatif
| Critère | Kawasaki Z650 | Honda CB650R E-Clutch |
|---|---|---|
| Architecture | Bicylindre parallèle | 4 cylindres en ligne |
| Puissance (full) | 68 ch | 95,2 ch |
| Couple | 64 Nm | 63 Nm |
| Poids TPF | 188 kg | 207 kg env. |
| Hauteur de selle | 790 mm | 810 mm |
| Réservoir | 15 L | 15,4 L |
| Aides | ABS | ABS + HSTC + E-Clutch |
| Conso essai (soutenu) | 5,8 L/100 | 5,7 L/100 |
| Philosophie | efficacité facile | premium + sensations haut régime |
Verdict final : une gagnante… selon ta vraie vie
Si tu veux une moto simple, efficace, facile, qui marche fort là où tu roules vraiment (ville, péri-urbain, petites routes), la Kawasaki Z650 est un choix ultra cohérent. Elle fait tout bien, elle ne t’embrouille pas avec 12 menus, et son twin est une machine à plaisir immédiat. La Z650, c’est la pote fiable qui te dit “viens, on roule” même quand t’as dormi 5 heures.
Si tu veux une moto plus premium, avec un moteur qui chante et une vraie valeur perçue “haut de gamme”, la Honda CB650R te mettra des étoiles dans les yeux. Et l’E-Clutch, c’est plus qu’un gadget : c’est un confort réel, un gain de fluidité, et un truc que tu risques d’adorer… surtout si tu fais de la ville.
Le gagnant A2 Riders (2025)
Victoire : Honda CB650R.
Pourquoi ? Parce qu’elle gagne sur la partie-cycle, le freinage, l’équipement et l’innovation E-Clutch, tout en gardant une vraie polyvalence. Oui, c’est plus cher. Oui, en bas ça tracte moins qu’un twin. Mais le package global est plus “moto moderne premium”.
Maintenant la vraie question : tu veux une moto qui te simplifie la vie… ou une moto qui te donne envie de monter à 12 000 tours juste “pour entendre” ?


Laisser un commentaire