Vous cherchez une moto A2 qui fait plus de 47 ch. C’est possible ! On a essayé un trail et un roadster aux performances de grosses cylindrées. Mais il y a un piège. 

Ce qu’il faut retenir :

  • Moteur : Moteur CA à aimants permanents intérieurs Z-Force 75-10 à rendement thermique amélioré et refroidissement passif par air. Est-ce que c’est bon pour vous ?
  • Puissance: 28 kW en continue, 52 kW en crête
  • Couple : 140 Nm !
  • Vmax : 150 km/h
  • Poids : 223 kg pour le roadster SR et 242 kg pour le trail DSR
  • Autonomie : 250 km en ville avec batterie de 15,6 kWh
  • Prix : à partir de 18 555 euros pour la SR et 19 560 euros pour la DSR
  • Pour qui ? A2 fortuné, branché, parisien

Équipements du pilote (1m82 / 82 kg) :

Retrouvez la fiche technique prochainement

Vous connaissez Santa Cruz en Californie ? C’est un peu la capitale du surf là-bas. Au milieu des bogoss et des gens trop cools, trop bronzés et trop musclés pour bosser, il y a les mecs de Zero Motorcycles, des ingénieurs qui préfèrent surfer sur les feuilles de calculs. Ça ne vous vend pas un peu du rêve américain ça ?

Des Zeros, on en a déjà testé sur le site, avec notamment la très énervée Zero FXE, une petite machine équivalente 125 mais qui adore faire des wheelings !

Zero fait connaitre son beurre avec ses moteurs électriques ZF vendus à toutes les sauces, notamment les vélo à assistance électriques. Zero Motorcycles, c’est un peu l’arme de prestige, pour travailler la visibilité de leur savoir-faire. Avec 400 véhicules immatriculés l’année dernière, on n’est pas sur un effet de masse façon MT-07 ou Honda Hornet 750, mais bon, il faut bien commencer quelque part. 

Alors pour booster les ventes, le constructeur californien a décidé de restructurer sa gamme pour rendre plus de motos accessibles aux permis A2. Toutes les motos sont désormais accessibles aux permis A2 dont le trail DSR et le roadster SR. 

En quoi, c’est une bonne nouvelle ? Eh bien parce que cela permet d’avoir des motos A2, plus puissantes que des A2 ! 

Mais comment Jamy ?!

Grâce à une régulation dont le contrôle n’est pas adapté à certaines motos électriques. La moto passe sur le banc d’essai, 30 minutes à fond. Sauf que les Zéro ont l’électronique qui va rapidement dégrader la puissance max pour protéger le moteur de la surchauffe. Alors que le thermique va juste rester à fond. Et hop, une puissance nominale compatible A2, mais une puissance en crête de 70 ch et du couple à en revendre !

Le BMW CE 04 aussi se joue de la réglementation A2 !

Suffisant, pour en faire une bonne idée pour débuter ? La Zero a d’autres arguments

Une meule qui a de la gueule 

Zero SR A2 - © A2 Riders
Zero SR A2 – © A2 Riders

D’abord, il faut avouer que ces machines ont une belle petite gueule. Enfin, surtout le roadster, parce que le trail ressemble à un Beluga qui aurait passé trop de temps au fond de l’océan … Mais ce n’est qu’un avis personnel. 

Le SR possède une ligne harmonieuse, on apprécie le cadre treillis tubulaire apparent et la batterie qui lui donne un look futuriste. Le moteur couleur bronze attire discrètement le regard. Il est placé sur l’axe du bras oscillant. C’est esthétique et surtout avec sa conception cocentrique en pivot à cet endroit, cela permet de maintenir une tension constante de la courroie et donc de bien appliquer le couple du moteur sur la roue arrière. 

Leur postulat à eux, c’est la moto électrique Premium. Zero se place ainsi en rival direct de LiveWire et quelque part de BMW Motorrad avec son CE 04, avec une machine un peu moins hipster que le premier et moins cadre sup’ de la Défense pour le second. 

Zero DSR A2 - © A2 Riders
Zero DSR A2 – © A2 Riders


En termes de finition, on n’est pas dans la chinoiserie, ou l’obscure marque venue d’Asie. Les gars de Santa Cruz font du premium. Sur le roadster SR, c’est propre, bien assemblé, pas trop d’abus sur les plastiques, il n’y a que les clignotants qui font tache. Le SR ressemble à un roadster de grosse cylindrée digne de ce nom. 

Pour le trail, plus de carénages donc plus de plastiques. On regrette la bulle qui se règle à la main. Mais c’est une moto très valorisante, qui fera vite oublier le statut de néo-motard. En plus, la bonne protection vous aidera à survivre aux hivers pluvieux et froids. 


Push push push ! 

Zero SR A2 - © A2 Riders
Zero SR A2 – © A2 Riders

Le gros argument de vente pour ces deux Zero, c’est la possibilité d’accéder à des machines plus puissantes que 47ch, tout en étant permis A2. 

 Le moteur ZF 75-10 dans sa version bridée, produit 74 ch en puissance en crête, contre 87 ch pour la version full. Un tour de passe-passe réussit lors du test d’homologation : comme la machine est poussée à fond pendant 30 minutes, l’électronique dégrade automatiquement la puissance sous les 47 ch pour éviter que la surchauffe fatale. 

BMW avec le CE 04 utilise le même procédé qui fait du scooter un 125 aux performances de T-Max 560. 

 Facile de se retrouver toujours au dessus des vitesses légales, surtout en labsence de son venant du moteur en guise de repère. La vitesse max sera heureusement bridée à 150 km/h et finalement Zero reste sage et dans la norme des A2 thermiques.  Bon, c’est un peu pour protéger la batterie qui verrait son autonomie fondre à haute vitesse. 

Côté couple, c’est 140 Nm pour le roadster SR et 170 Nm pour le trail, contre 195 Nm en full. Not bad hein ?  C’est moins que les 263Nm de la Del Mar mais ça fait passer les A2 thermiques pour des vieilles charrettes. 

Les accélérations sont forcément enivrantes et bien plus dynamiques que des motos « classiques ». Mais ce n’est pas une débauche de wheeling façon clip de Djouls

Les accélérations sont linéaires et parfaitement dosables malgré les 140 Nm de couple annoncés. La poignée de gaz permet de doser au millimètre les accélérations, on est bien connecté à la roue. Mais si vous ouvrez en grand l’électrique va faire sentir sa force du couple. C’est bien mieux que sur une A2 thermique, mais moins rock n’ roll que sur une SR/F en full. De toute façon, l’électronique viendra calmer vos ardeurs et doser la puissance envoyée à la roue en guise d’anti-patinage. 

Les 5 modes permettent de lier la moto à son envie du moment. Eco, Rain, Standard, Sport. On se contente souvent du mode éco pour bénéficier de la récupération d’énergie et potéger la batterie. D’autant que ce mode permet de bénéficier malgré tout d’une belle accélération pour dépasser. Une fois l’amusement des débuts en mode sport, on finit par rester en Eco. 

En plus, pas besoin de tricoter une boite de vitesse ou de cramer un embrayage, il n’y a qu’à tourner la poignée de gaz pour avoir tout le jus que vous désirez. Plus simple la vie ! Par contre, tout se passe dans un silence étrange, avec un sifflement agaçant au bout d’un moment. 

Une vraie moto et pas juste un dragster

Zero DSR A2 - © A2 Riders
Zero DSR A2 – © A2 Riders

La fiche technique des Zero est sérieuse, les équipements confirment les prétentions Premium : fourche inversée Showa SFF-BP 43 mm entièrement réglable, freinage J.Juan étriers radiaux 4 pistons avec des gros disques de 320 mm, et même un maitre cylindre radial pour avoir un touché de levier parfait. Et dans la réalité du pilotage ? 

Dès que l’on monte sur la machine, il y a une sensation étrange. On ne se sent pas vraiment à l’aise. Pourtant, on ne roule même pas ! 

C’est l’ergonomie. Zero n’a pas voulu suivre les conventions ou alors utilise des gros américains de 2 mètres pour régler la position du pilote. On est à la fois très sur l’avant et très droit au niveau du buste. C’est assez inconfortable. On a les jambes pliées, mais pas assez en arrière pour une position sportive.

La SR pèse lourd avec ses 223kg, mais le centre de gravité est bas et vient compenser ce désavantage. Sauf à attaquer comme un goret en virage et à voir l’usure prématuré des pneus, cela devrait bien se passer. De toute façon, avec 100 km d’autonomie, vous n’allez pas vous farcir la route des grandes Alpes d’une seule traite. C’est plutôt le periph et la ville qui vous attendent.

La Zero est une moto facile, compacte et courte elle se montre agile et facile à emmener. D’ailleurs le poids lui offre une meilleure stabilité.  C’est une moto saine, facile à emmener en virage et qui se montrera meme un peu raide. La faute aux suspensions au débattement limité qui subissent le poids de l’engin. Le freinage lui, est à la hauteur de ce qu’on lui demande, malgré le poids de l’équipage, il se montre toujours dosable et suffisamment mordant sans pour autant surprendre le pilote débutant. 

Et finalement, l’absence de bruit a une vertu étonnante. Puisque l’on n’est pas dilué dans le bruit du moteur, on se concentre sur la route, ses trajectories, on prête attention à la manière dont travaillent les suspensions, les freins, etc. C’est une autre expérience de la route. 


Sauf que l’autonomie, c’est pas encore ça 

Zero SR A2 - © A2 Riders
Zero SR A2 – © A2 Riders


C’est le moment où je dois vous parler consommation. Oui, c’est chiant mais c’est le jeu. En ville, la batterie encaisse le choc avec brio et l’on parvient facilement à ne pas voir la jauge descendre grâce à la récupération d’énergie.  Par contre, hors la ville, c’est un peu la Bérézina et l’on se retrouve comme les conducteurs de Tesla, à se trainer la b*t* en serrant bien à droite sur l’autoroute. 

Malgré tout, cette Zero avec son pack de batteries de 13,6 kWh est l’une des plus performante du marché sur ce point. 250 km annoncés en ville. La réalité se rapproche des 200 km, avec un mode éco qui permet de récupérer de l’énergie pendant le trajet. Hors la ville, c’est 100 km, en restant sage. Rien à faire avec les lois de la physique et une technologie de batteries qui n’a pas encore connue son bond en avant.

Il y a bien un Power Tank Z-Force, qui est une batterie supplémentaire de 3,6 kWH qui se glissera dans le faux réservoir. Mais c’est 3 549 euros à débourser en plus

Pour recharger tout ça, il faudra se brancher sur une prise 220 V pour une charge à 6kW. Vous prévoyez 4h pour charger de 0 à 100 %. 

Si vous voulez charger deux fois plus vite, en 6kW, c’est un module de charge rapide disponible en option. Et hop la facture qui grimpe encore. Ah tiens d’ailleurs, le câble de charge n’est pas livré et il faut l’acheter. Les Américains restent le grand satan capitaliste !

Techno mais pas trop

Zero cultive un l’image de la start-up californienne, celle qui représente le deux-roues dans la Silicon Valley. C’est à la fois vrai et faux. 

L’écran TFT 5 pouces est lisible, très agréable à utiliser, mais il n’est pas tactile. Steve Jobs s’en retourne dans sa tombe. Pas non plus de navigation embarquée à afficher. Il faudra fixer son téléphone sur un support, mais celui-ci ne craindra pas les vibrations vous me direz. 

L’écran est sympa au niveau de l’affichage, très lisible avec toutes les infos, surtout la consommation d’énergie et la batterie que le pilote branché fixe plus que la route pendant son trajet. La navigation se fait bien dan les menus, on change de modes de conduite, comme de chemis. L’application smartphone permet d’accéder au Software de la machine, baptisé CypherIII+ pour personnaliser les réglages des modes, gérer la moto et notamment les mises à jour du logiciel qui vous serons proposés.

Par contre, pour fournir des options à débloquer, comme la batterie cachée sur le DSR, certaines aides électroniques comme l’ABS sur l’angle, les poignées chauffantes, ou encore le débridage instantané. Là les ricains n’ont pas oublié d’être à la pointe de la techno.

L’avis d’A2 Riders

Est-ce que c’est une bonne idée de passer à l’électrique dès le permis A2 

Oui et non. Comment ça c’est une réponse de journaliste normand ? 

D’un côté, l’absence d’embrayage et de vitesses à passer vont vous faciliter la vie. Ensuite, les performances supérieures à une A2 thermique sont un atout pour ceux qui n’aiment pas être limité à 47,5 ch ou qui veulent briller dans les discussions en société. 

Mais de l’autre, ce regain de puissance peut s’avérer délicat à gérer. Un moment d’inattention, une route glissante, un coup d’accélérateur trop brutal en mode sport et patatraque, c’est l’accident. La loi est aussi là pour vous protéger, parfois, et les moins à l’aise des débutants devront y penser. 

Ensuite, il y a l’éternelle contrainte du rechargement et de l’autonomie. 


Enfin, le prix. Il faut sortir 20 000 euros pour avoir une moto complète, tout ça pour rouler 150 bornes maximum et flipper dès qu’on part en balade. 

Mais comme le dit si bien un éminent collègue « ce n’est cher que pour les pauvres ». 

On aime

  • – Avoir du jus !
  • – Facilité pour rouler
  • – Gueule différente

On aime moins

  • – Le prix trop cher
  • – Autonomie limitée
  • – Pas assez de techno multimédia

Retrouvez la fiche technique complète bientôt sur A2Riders.com

Vous appréciez A2 Riders ? Affichez votre soutien en vous abonnant sur Facebook et Instagram. Vous nous aiderez à faire grandir le site !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *