A2 Rideuses
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    A2 Rideuses : et si vous preniez le départ d’un rallye routier ?

    Le Rallye routier, c’est une discipline un peu ignorée de la moto. « Une affaire de gitans » pour certains, une histoire de passion qui se vit entre potes pour les autres. Mais imaginez-vous : rouler à fond sur une petite départementale, tout donner sur 2 km, repousser vos limites et celles de la machine. Vous en rêvez ? Elle le fait !

    « Une balade au roadbook de 500 km », voilà la description selon Morgane Hannigsberg d’un rallye routier. La pilote suisse de 36 ans finit sa deuxième saison de course à la 6 place de sa catégorie, sur 21. Elle partage avec nous cet univers composé de mots barbares comme spéciales, liaisons, contrôle horaires, paddock, reconnaissance. Pourtant, le rallye routier est accessible à tous.

    Pour ce rendez-vous A2 Rideuses qui raconte la moto au féminin, j’ai demandé à Céline de s’y coller. Céline est une actrice du monde de la moto, car elle a lancé une marque d’équipements motos féminins enfin, qui casse les codes : 2MilesSix.

    Rallye routier : une moto, un(e) pilote et un road book. What else ? – A2 Rideuses

    © Laurent Berthe – G2STP sport – A2Riders.com

    Pour participer à un rallye routier, pas besoin de modifier sa moto en profondeur. Vous l’entretenez correctement et partez régulièrement en roadtrip ? Alors vous êtes prêt à vous inscrire ! Il vous reste à apprendre à lire un roadbook sur un lecteur manuel ou automatique et d’ajouter un compteur additionnel qui indique les centaines de mètres avec précision, un compteur de vélo suffit amplement.

    L’exercice peut s’avérer stressant, mais la meilleure école, c’est le terrain. Comme Morgane, faites-vous prêter celui d’une épreuve (auto ou moto, aucune différence) puis allez tester grandeur nature vos capacités à déchiffrer ces petites cases tout en conduisant et en respectant le code de la route.

    © Laurent Berthe – G2STP sport – A2Riders.com


    Côté équipement pilote ? Une combinaison en cuir, une ou deux pièces, casque, gants, bottes montantes et vous êtes paré. La préparation physique ? Nul besoin d’aller courir 10 km tous les deux jours et de compléter avec des séances de cross fit pour se préparer physiquement. 

    Vous avez l’habitude de rouler, les fesses tannées par la selle de votre roadster, vous oubliez même de faire des pauses pipi ? C’est parfait, vous effectuez déjà sans le savoir la meilleure préparation possible.

    Il ne vous reste plus qu’à prendre une licence FFM « une manifestation » et inscrivez-vous à l’épreuve la plus proche de chez vous pour tester grandeur nature. Morgane vous garantit que vous aurez envie d’y revenir, si ce n’est pour la performance motarde alors ce sera pour l’ambiance dans le paddock

    Rallye routier : la balade du weekend – A2 Rideuses

    © Laurent Berthe – G2STP sport – A2Riders.com

    J-7. Même si les tracés sont similaires chaque année, recevoir le roadbook marque le coup d’envoi du Rallye, une semaine avant son début. Ouvrir ses mails, découvrir le parcours composé de différentes boucles et se jeter avidement sur les vidéos des spéciales pour découvrir les pièges à éviter, les trajectoires à prendre pour terminer ces quelques kilomètres qui passent comme un souffle. Prendre des notes derrière son écran ne remplace pas la vraie reconnaissance qui aura lieu quelques jours plus tard. En parallèle, finaliser la préparation de son week-end, la logistique et surtout le roadbook à mettre en forme, découper et coller si besoin pour son dérouleur manuel.

    J-3. Morgane, notre pilote, arrive sur les lieux pour reconnaitre les spéciales et les liaisons. À moto, en voiture pour les liaisons, c’est-à-dire le parcours routier pendant lequel les pilotes roulent sur route ouverte et doivent impérativement respecter le code de la route. Cela parait simple ? Effectivement vu comme ça, c’est trop simple, les subtilités arriveront plus tard. Pour la reconnaissance des spéciales, les 2-roues motorisés et les quads sont interdits. En voiture, à pied, à trottinette, à vélo, au choix jusqu’à la veille de l’épreuve. La veille, les spéciales sont interdites à la reconnaissance en voiture. Prendre le temps de découvrir le terrain est essentiel, les spéciales sont des « routes à chèvres », peu larges, bosselées, de petites épingles parfois. Alors à pied ou à vélo, on voit mieux le dénivelé, les angles de virages, les trajectoires à prendre, les petits « pièges ». Même si on n’a pas le temps d’apprendre la route par cœur, on l’appréhende mieux.

    J-1. Vendredi, veille de course, le paddock est rempli. Morgane présente sa KTM Duke 690 au contrôle technique, ses papiers et équipement au contrôle administratif, le briefing général a lieu. Il ne reste plus qu’à passer la soirée au milieu du paddock, s’imprégner de l’atmosphère, faire connaissance ou retrouver les autres participants et stresser un peu avant le début des épreuves.

    Rallye routier : Adrénaline, partage et vol de nuit – A2 Rideuses

    © Laurent Berthe – G2STP sport – A2Riders.com

    Samedi 9 h. Morgane est sur la ligne de départ, prête à partir sur sa balade de 500 km en plusieurs boucles. La Duke est équipée d’un transpondeur pour enregistrer les temps au départ et à l’arrivée de chaque boucle. L’objectif sur le rallye : maintenir une moyenne de 60km/h sur l’ensemble du trajet dans la circulation ouverte, ne pas louper une intersection et surtout se faire plaisir.

    C’est le départ, la concentration est à son comble, le cerveau est en mode supercalculateur pour gérer la navigation, le code de la route et le chrono qui défile, impitoyable. Morgane va-t-elle réussir à passer le contrôle horaire à l’heure imposée ? Si elle arrive trop tôt, elle sera pénalisée. 31 secondes trop tard, pénalité aussi.

    La demi-heure de liaison s’est bien passée, pas d’erreur majeure. Vient le début de la spéciale, 4 km sur route fermée, sécurisée par endroit, avec des coussins gonflables qui ont remplacé les bottes de paille. Une route au revêtement fatigué, des gravillons, ça sautille, des petits virages sans visibilité, à fond de ses capacités. Au début, Morgane n’était pas à l’aise sur ce type de routes, même lors de ses sorties personnelles, se forcer lors des spéciales lui a permis de se confronter à ces difficultés et de débloquer ses faiblesses.

    Les liaisons et spéciales s’enchainent dans la journée, puis il est l’heure de rentrer au paddock en attendant les épreuves de nuit. Les concurrents s’affairent, les premiers arrivés discutent avec les petits nouveaux, ça parle ressentis, suspensions, réglages, on se conseille sur tel ou tel sujet. Partage et bienveillance sont les maitres-mots dans cette ambiance familiale.

    © Laurent Berthe – G2STP sport – A2Riders.com

    21h, il est déjà temps pour Morgane de remettre le casque et se mettre en place dans la file des pilotes qui partent un à un vers les épreuves de nuit. Liaison, spéciales, les objectifs sont identiques, mais le manque de visibilité change la perception de la route et des difficultés. Sans les puissants phares additionnels longue portée, difficile d’anticiper les plaques de graviers, les épingles qui lui sautent au nez.

    Tout s’est bien passé, il est désormais 1 h du matin, dans la nuit du samedi au dimanche. L’adrénaline court encore dans les veines de Morgane qui partage ses impressions avec les amis du paddock. Un apéro tardif où on refait la course façon Joe Bar Team avant d’aller se coucher, des étoiles dans les yeux.

    Dimanche, tout le monde se retrouve pour la remise des prix. Puis, il est temps de plier le campement, de charger la moto et de reprendre la route, pour revenir à la vie normale. Celle où l’on travaille, mais celle où le rallye se tape l’incruste et vous pousse à rouler, pour affiner les réglages et travailler le pilotage, en attendant le prochain week-end de course.

    Portrait d’une rideuse : Morgane Hannigsberg

    (Morgane à droite) – © Laurent Berthe – G2STP sport – A2Riders.com

    Ce qui ressort lorsqu’on échange avec Morgane sur son parcours de motarde, c’est le partage et la passion. Elle découvre le monde de la moto avec son copain, d’abord en passagère, puis elle décide de passer le permis. Comme elle habite en Suisse, elle achète sa première moto, une fazer 600, pour apprendre avec. Elle part en road trip régulièrement : La Suisse, les Alpes, les dolomites, mais elle n’est pas convaincue par sa Yamaha. Elle teste alors la KTM Duke 690 et est conquise par la légèreté et le caractère moteur. Ses roadtrips prennent de l’ampleur, plus loin, plus longtemps.

    Son copain teste la piste et partage avec elle les sensations, elle décide alors d’y goûter à son tour. D’abord avec sa KTM, puis comme elle y a pris goût, elle décide de s’acheter une street triple 675 qui sera dédiée à la piste. Son compagnon essaye ensuite le rallye lors du Rallye de l’Ain et prédit qu’elle va aimer les rallyes. Morgane prend le roadbook et teste grandeur nature sans la pression du chrono. Comme prévu, elle se prend au jeu et s’inscrit à la prochaine épreuve puis au championnat complet. Elle continue les roadtrips, 2021, direction le Népal. Voyage pour lequel elle se prépare en se mettant au off-road.

    Touche à tout lorsqu’il s’agit de la moto, elle le dit elle-même, elle « a de l’essence qui coule dans les veines » car la moto est la plus belle façon de découvrir le monde.

    Alors, prête à découvrir le rallye routier ?

    N’hésitez pas à échanger avec Céline en commentaire. Et retrouvez les vêtements de sa marque sur son site 2MileSix.com

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