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    Test casque Shark Spartan RS : le meilleur rapport qualité/prix ?

    À 25 ans, on n’est plus un gamin. 25 ans, c’est l’âge de la raison, l’envie de se coiffer et d’être élégant pour sortir. Après 25 ans d’existence, Shark termine sa crise d’ado et nous propose un produit qui sent bon la maturité et veut mettre un coup de dent de requin dans le premium. C’est la mission du Spartan RS, premier casque de l’ère ECE 22-06.

    Test Shark Spartan RS : évolution naturelle

    © @whamdi.b – A2Riders.com

    Le Spartan, c’est le casque sport-touring de Shark. Un casque à tout faire, avec un look résolument sportif, dont les petites ailettes à l’arrière étaient devenues sa signature visuelle. Le Spartan a rencontré un vrai succès et a été décliné en version carbone, pour les pistards et en version GT pour les rouleurs.

    Ce nouveau Spartan devient RS et doit permettre à Shark de monter en gamme. Se rapprocher des meilleurs produits du marché avec une plus grande qualité de finition, plus de confort et une durabilité du produit.

    C’est le premier casque du manufacturier frenchy qui adopte la nouvelle norme de sécurité ECE 22-06, nous en avions parlé sur le site. Si elle est plus contraignante que l’obsolète ECE 22-05, elle ne représente pas une grande révolution pour Shark, qui avait déjà un goût prononcé pour les crash-tests, la torture en laboratoire et une forte implication en compétition (coucou M. Zarco !) pour en tirer le meilleur.

    Test Shark Spartan RS : c’est quoi ?

    Pas une photo de Hamdi, sorry bro !

    Le Spartan RS, c’est d’abord une calotte extérieure. En général, les coques sont en polycarbonate pour les casques les moins chers, puis on monte en gamme avec les fibres : fibre de verre, ensuite fibre composite (verre, carbone et aramide) et enfin carbone pour les meilleurs. Ce Shark possède une coque composite qui mélange fibres de carbone et fibres de verre multiaxiales. Un vrai effort de qualité pour contenir la taille, le poids et le niveau de sécurité.

    Car avec la norme ECE 22-06, l’objectif est de résister à 18 points d’impacts, à basse (27 km/h) et haute vitesse (215 km/h), aux impacts obliques et à l’abrasion. « On était déjà très proche de ce que la nouvelle norme impose désormais », explique Benoit Lavit, responsable du Marketing Shark et qui a longtemps travaillé en R&D, « au travers des casques de motocross, nous avons déjà beaucoup travaillé sur l’accélération rotationnelle au moment de la chute. Il s’agit d’encaisser un choc qui n’est pas à pleine vitesse, mais qui a lieu à un angle de 45 degrés par exemple, et qui engendre une accélération transmise niveau de la boite crânienne et provoquer une sorte de KO. Le plus simple, c’est d’éviter au casque de faire sa rotation et d’éviter d’avoir un élément qui vient bloquer le mouvement, comme un spoiler ».

    Conséquence de ces casques plus résistants, c’est que vous allez gonfler du couvre-chef ! Les casques deviennent un peu plus volumineux, cela se voit légèrement avec le Spartan RS qui devient plus massif et semble plus épais. Ils seront aussi plus lourds. Mais sur ce point, Shark a bien travaillé, puisque le poids reste sous contrôle à 1530 g pour ma taille M. On est déjà à la limite, et plus, ce serait le poids d’un modulable, donc considéré comme lourd.

    Test Shark Spartan RS : un look plus mature

    © @whamdi.b – A2Riders.com

    Le Spartan a eu le temps d’évoluer, de gagner en maturité et cela se voit dans le dessin. Le casque est plus sobre dans sa forme et travail son look sportif, agressif dans les détails. « Mais il y a résolument une touche néo-rétro plus importante », explique Benoît Lavit, le directeur marketing de la marque. Bye bye les ailettes pointues pour les ados fans de Transformers. C’est désormais un petit aileron, qui se confond avec le profil du casque et qui devrait séduire les amateurs de Porsche car « le spoiler à l’arrière est inspiré de l’arceau de la Porsche Targa », décrypte Benoît Lavit. Avec une telle référence, Shark ne vise plus la même cible.

    La ventilation sur le dessus du casque ressemble à une prise d’air sur un capot de voiture américaine, « une inspiration du muscle car », tout comme la mentonnière, agressive et proéminente. Du néo-rétro qui sent bon les années 70-80, à cheval entre le casque de Dark Vador, K2000 et Tonnerre mécanique. Des références pour trentenaires et quarantenaires nostalgiques, peut-être un peu amplifiées par mon choix de coloris noir avec des touches de bronze. Dans les couleurs aussi, Shark a décidé de gagner en élégance, mais rassurez-vous, il reste du mat et des touches de couleurs pétantes et vous aurez le choix entre 7 peintures de guerre, pour le moment.

    Avec ce Spartan, on apprécie l’attention aux détails, la subtilité des éléments, le jeu des matériaux, la petite visserie discrète en métal, les grilles des extracteurs, etc. Partout, la qualité se ressent au touché et laisse transparaitre un produit bien assemblé qui fait cossu. Vu de l’extérieur, Shark est au niveau des prétentions affichées.

    Enfin, la jugulaire se ferme avec une boucle double-D. Ce système, inventé à l’époque de la Rome antique, reste le meilleur que ce soit en termes de sécurité et de confort, et vous permettra une incartade sur circuit de temps en temps.

    Test Shark Spartan RS : un intérieur soigné

    © @whamdi.b – A2Riders.com

    À l’intérieur, le Spartan RS est un petit cocon de douceur. J’apprécie les mousses bien épaisses, enveloppantes, avec un mélange textile suédé pour le côté doux à porter, et le textile ALVEOTECH qui s’occupe des odeurs, de la transpiration et des bactéries. Soyons honnêtes, le motard sue et pue (parfois, souvent ?) quand il roule longtemps. J’ai pu tester son efficacité en pleine canicule estivale. Une pause-café de 10 minutes et vous ne remettez pas la tête dans un casque trempé de sueur.

    On remarque aussi des éléments en finition similicuir perforé, façon gentleman driver, « on s’est beaucoup inspiré des cuirs Segura, une marque qui est au sein du même groupe, et qui est une référence pour nous », explique Benoit Lavit de Shark. Cette petite touche d’élégance néo-rétro vient renforcer l’impression de qualité globale.

    Ces mousses sont bien entendues amovibles et lavables en machine. S’il vous plait, ne faites pas comme moi, laver vos intérieurs de casque de temps à autre.

    Vous trouverez aussi un écran pare-soleil intégré, avec une protection UV 380. Plutôt performant, il ne déforme pas la vision et ne vient pas chatouiller mon gros nez. Son principal défaut vient du système pour le faire descendre, qu’il faut aller chercher loin derrière la tête. Une question d’habitude sûrement.

    Vous l’avez remarqué, j’utilise un écran teinté et il en existe 6 teintes différentes pour le Spartan RS. Sachez que la nouvelle norme ECE-22-06 autorise les écrans plus sombres désormais. Excellent pour le style et pour conserver votre anonymat sur Instagram, mais il est interdit de rouler avec le soir, sous peine d’amende. Heureusement, le système Shark permet d’en changer rapidement, sans outils et sans tout casser.

    Test Shark Spartan RS : sur la tête

    © Hamdi Ben Lagha – A2Riders.com

    En bon journaliste moto, j’ai donc testé le casque dans différentes configurations : roadster, trail, sportive, etc. J’ai même laissé ma femme le porter pour qu’elle me donne son avis en tant que passagère non-initiée.

    La première chose que l’on remarque dès qu’on l’enfile, c’est la sensation de mettre un casque très fermé, presque étroit au moment de passer la tête. C’est principalement dû à l’épaisseur des mousses, qui prennent bien les joues, et à la mentonnière assez large. La taille du casque est bien ajustée (je fais du 58, j’ai pris du M). On ne ressent pas de gêne ou de point d’inconfort qui appuie sur le crane. Le casque est agréable à porter, même sur une longue distance. D’ailleurs, il fait oublier ses 1530 g grâce à un poids bien réparti et équilibré sur la tête. 1000 km entre Paris et le Morvan, mes oreilles ont survécu, je n’ai pas un trou sur le front et je n’ai pas grogné, ce qui est rare.

    Malgré son aspect massif, ce Spartan RS conserve un champ de vision bien ouvert, et la vue périphérique est excellente. On ne se retrouve pas obligé de forcer le mouvement de tête pour regarder sur les côtés ou sous le nez, le compte-tours. L’écran est équipé d’un film anti-bué pinlock (120 max vision, le plus performant actuellement), livré avec le casque, ce qui est assez rare pour le mentionner.

    L’écran possède une multitude de petits crans d’arrêt, pour ouvrir à sa convenance le casque, et laisser passer de l’air. Les crans sont efficaces avec une limite atteinte à 90-100 km/h, moment où l’écran se baissera de lui-même. Juste avant de le fermer complétement, vous pouvez le laisser légèrement ouvert, comme posé sur le système de verrouillage, cela vous offrira une 4e aération, même en roulant gaz en grand, pratique pour la chaleur comme la buée.

    Le système de fermeture, hérité des casques de compétition, du Race-R Pro GP, avec« 4 points d’ancrage », est très efficace pour verrouiller l’écran. Situé sur le menton, il est un peu compliqué à manipuler, surtout avec les gros gants. Il faudra s’entrainer un peu avant d’arriver à l’ouvrir d’une seule main.

    Test Shark Spartan RS : une aéro travaillée

    © @denversgarage pour A2Riders.com

    Chez Shark, ils ont aussi une petite obsession sur l’aérodynamique. Un gros travail est fait pour améliorer les flux d’airs. Pour la performance, certes, mais surtout pour le confort.

    Shark estime que ce casque s’adresse d’abord aux possesseurs de roadsters, ceux qui mangent de l’air au kilomètre. Alors, j’ai essayé sur une petite Triumph Trident 660 A2. Votre tête est stable, ne bouge pas dans tous les sens une fois passé les 120 km/h, et il n’y a pas une pression d’air qui va venir appuyer et faire travailler votre cou et vos cervicales. Un bon point pour rouler loin.

    Ensuite, cette aéro permet une gestion des bruits parasites lorsque l’on roule. Le casque est silencieux, l’air glisse dessus sans remous et il ne provoque pas de sifflement dans les oreilles. En plus, il est bien insonorisé de l’intérieur avec les mousses. Un cocon de silence, même à haute vitesse sur autoroute, qui permettra de profiter d’un peu de musique, surtout qu’il est pré-équipé pour recevoir le système Sharktooth, ou un autre intercom.

    Terminons par les aérations. 3 prises d’air, 2 sur le menton et 1 sur le dessus du casque, et 4 extracteurs à l’arrière pour évacuer. J’ai testé le Spartan RS en plein été, et ses aérations ne vous noient pas dans un flux d’air, mais travaillent correctement, surtout sur le devant. J’aurais presque aimé avoir un peu plus quand il fait 30 degrés. Vous me direz, passé une certaine température, il n’y a qu’à ouvrir la visière. Mais le principal défaut reste, encore une fois, la manipulation des petits ergots pour les ouvrir et fermer, et demandera un peu de pratique avec les gants.

    Test Shark Spartan RS : conclusion

    © @whamdi.b – A2Riders.com

    Un Spartan, c’est déjà mon troisième. Le premier, c’était une version carbone offert par Philippe Guillaume de Moto-Mag, mon premier casque de pro. Léger et confort déjà à l’époque, mais au look trop marqué pour moi, vieux jeune de 35 ans. Le deuxième, c’était un GT. Je ne l’ai pas franchement aimé celui-là. Des mousses dures qui ont torturé mes oreilles, un casque lourd, très plastique et que je ne trouvais pas vraiment beau, moi qui suis coquet (lol).

    Avec ce casque Spartan version RS, on se rapproche vraiment des casques de qualité façon Shoei ou Schuberth, mais avec un style moins pépère, qui trouve un équilibre entre dynamisme et élégance. J’ai un vrai plaisir à regarder ses détails quand il traine sur mon bureau entre deux roulages. Surtout, à 349,99 euros, ce Shark représente un excellent rapport qualité/prix et permet de goûter au confort de la première classe sans pour autant phagocyter tout votre budget équipement.

    Avec ce Spartan RS, Shark devrait toucher un public plus large. Du premier casque plaisir pour jeune A2, à l’énième coiffe pour pilote devenu exigeant.

    Oui, j’ai un petit coup de coeur pour ce casque et j’attends à votre tour votre avis dessus. On en parle sur Facebook ou Instagram.

    Prix : 349,99 euros, du XS a XXL

    J’ai aimé :

    • Qualité de finition
    • Confort
    • Sens du détail

    J’ai moins aimé :

    • Manipulation des ergots avec des gros gants
    • Aérations un peu limitées

    Fiche technique ici

    3 thoughts on “Test casque Shark Spartan RS : le meilleur rapport qualité/prix ?

    1. Bonjour comparé au HJC F70, lequel des deux vous trouvez le plus silencieux pour un roadster ?

      Bonne journée et merci pour vos essaies.

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