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A2 Rideuses
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A2 Rideuses : celles qui voulaient voyager jusqu’au bout du monde

Cette semaine, c’est le bout du monde ! A2 Rideuses vous fait découvrir le portrait de 3 femmes pour lesquelles les voyages et les road trips à moto sont devenus un mode de vie. Faites votre paquetage, Céline vous embarque.

Pour ce rendez-vous A2 Rideuses qui raconte la moto au féminin, j’ai demandé à Céline de s’y coller. Céline est une actrice du monde de la moto, car elle a lancé une marque d’équipements motos féminins enfin, qui casse les codes : 2MilesSix.

L’aventure dont vous êtes le héros – A2 Rideuses

© Juvena alias @thewanderingwasp

Dans la vie, il y a deux catégories de motards : ceux qui regardent des vidéos de voyages et ceux qui voyagent.

Juvena, Laure et Henriette font partie de la deuxième catégorie. Chacune a un jour décidé de partir, sans destination ni délai précis, juste avec une idée en tête : voyager et découvrir le monde. Juvena, alias @thewanderingwasp, a quitté Singapour le 16 mai 2015 au guidon de son Vespa 150 pour voyager 27 mois ; Henriette, @henriette_fortheloveofwheels est sur les « routes » depuis octobre 2020 sur sa Honda CRF 250; Et Laure, @gingeroutrider, sillonne l’Amérique du Sud en BMW R 1250 GS depuis novembre 2021. Premier grand voyage pour Laure et Juvena parties presque sur un coup de tête, mais pas sans préparation, deuxième expédition pour Henriette. D’horizons et de parcours différents, elles ont en commun d’avoir choisi de voyager en 2-roues pour la liberté procurée et la simplicité.

© Juvena alias @thewanderingwasp

Juvena habite en Asie et a découvert les sensations du 2-roues lorsqu’elle s’est acheté son premier scooter pour ses 20 ans. Depuis cette découverte, elle rêvait de parcourir le monde. Le décès soudain d’un ami proche lui a fait réaliser que « la vie est trop courte pour laisser filer ses rêves », elle est donc partie visiter le monde sur son Vespa.

© Henriette alias @henriette_fortheloveofwheels

Henriette est Danoise, a passé son permis à 24 ans mais, selon elle, s’est mise sérieusement à voyager à moto à 35 ans, en préparant son premier roadtrip, une traversée des Amériques de l’extrême Nord à l’extrême Sud. Pour cela, elle a réalisé plusieurs road trip sur routes et sur chemins en Europe et pris des cours off-road en Espagne.

© Laure alias @gingeroutrider

Laure partait jeune avec son père en balades et rassemblements motards, il lui a appris à conduire sa moto trial, même si elle avait les mains trop petites pour les leviers. Ses vacances en famille, c’était bivouac en 4×4 ; alors même si elle n’a pas touché une moto pendant 10 ans, les gènes de baroudeuse et de la moto ne demandaient qu’à ressortir. C’est tout naturellement qu’après son permis, elle a eu envie de voyager. D’abord en roadster avec son copain en passager puis chacun sur son trail. Son tout premier voyage à moto ? 3 semaines au Vietnam sur une Honda XR 150 louée sur place. 

Droles de Dames en voyage – A2 Rideuses

© Laure alias @gingeroutrider

Lorsque Juvena s’est lancée dans son voyage, elle a quitté sa maison et son travail, sans savoir quand elle rentrera. Son Vespa lui a permis de voyager de Singapour à la République Tchèque, 44 000 km à travers 25 pays en 27 mois. Voyageant lentement, au fil de ses envies, elle est restée 4 mois et demi au Pakistan, appréciant l’hospitalité des habitants. Cumulant tout de même 200 à 300 km par jour au guidon d’un Vespa sur tous types de routes, elle avait déjà roulé en off-road avant de partir.

Henriette a 41 ans quand elle part pour son premier grand voyage en 2011 de l’Alaska à l’Argentine : 40 000 km à travers 15 pays. Elle part avec un ami et s’est préparée avec des road trips précédents. En octobre 2020, à 49 ans, elle part seule, ayant déposé un congé sabbatique d’un an auprès de son employeur. Son objectif était de relier le cap nord au cap des aiguilles en Afrique du Sud, bousculé par la pandémie, elle est restée bloquée 6 mois au Maroc. À l’heure actuelle, elle est sur les pistes de Namibie après avoir voyagé depuis presque 2 ans, à travers 31 pays pendant 56 000 km. Elle pense qu’elle aura atteint les 100 000 km en 60 pays à son retour au Danemark. Voyager seule lui permet à la fois d’apprécier la beauté des paysages majestueux et l’accueil des habitants qui l’invitent régulièrement à dormir chez eux

Laure voulait partir en 2020, puis la pandémie est arrivée, a stoppé les plans. En 2021, elle participe aux rencontres de voyageurs Horizons Unlimited et c’est le déclic : il est temps de faire les bagages. « En deux mois, j’ai quitté mon travail, vendu tout ce que j’avais, rendu mon appartement, déménagé, préparé le matériel pour le voyage, emmené ma moto au port, et réalisé tout l’administratif aussi » pour elle et son compagnon, Hugo. Novembre 2021, il est temps de récupérer les motos au Chili. Départ pour l’inconnu, les grandes lignes sont tracées, destination Ushuaïa puis la Colombie, mais le voyage se vit au fil des kms, des personnes rencontrées, en suivant les saisons avec seulement une limite temporelle de plus ou moins un an. Les aléas construisent aussi le voyage, la moto d’Hugo est régulièrement en panne les immobilisant parfois plusieurs jours, mais leur permettant aussi de faire de belles rencontres.

Quelles motos pour voyager ? – A2 Rideuses

© Juvena alias @thewanderingwasp

Entre une KTM, une BMW GS et un Vespa dans son garage, Juvena a choisi le Vespa, car il est plus simple, facile à réparer, les pièces détachées peuvent se trouver partout, à un grand coffre et est plus économique. Est-ce qu’elle en changerait ? Pas pour le moment, elle aime sa légèreté et sa simplicité.

Laure roule en BMW R 1250 GSA, malgré son look imposant, elle considère que c’est un vélo. Les réglages lui permettent que ses pieds touchent terre. Pour la prendre en main sur tous types de terrains, et surtout gagner en confiance, elle a fait plusieurs stages, ce qu’elle conseille d’ailleurs quel que soit le type de moto avec lequel on voyage. Car la clé c’est la confiance en soi.

Henriette roule léger en Honda CRF250. Pour elle, « plus la moto est légère, plus grande est l’aventure », parce qu’on ose plus facilement prendre des routes qu’on ne prendrait pas avec une grosse moto de peur de ne pas s’en sortir. Elle égrène aussi les avantages pratiques : plus facile à réparer soi-même ou en bord de route, pas d’électronique, moins cher à l’achat, donc plus d’argent pour le voyage. Les motards qu’elle rencontre lui envient son choix. Pour pallier la question de l’autonomie dans les régions désertiques qu’elle traverse, elle a mis un gros réservoir et porte un jerrican d’essence, ce qui lui assure 500 km d’autonomie sans grever la légèreté de la moto. Comme Laure, des stages et des voyages plus courts en Europe lui ont permis d’acquérir des bases off-road. Elle aimerait tester une BMW R 1250 GS en voyage si elle avait de plus grandes jambes, plus d’argent et si elle voyageait uniquement sur route en Europe.

Une préparation incomplète – A2 Rideuses

© Henriette alias @henriette_fortheloveofwheels

Toutes trois sont unanimes : si on attend d’être totalement prêt ou si on écoute ses peurs on ne voyage jamais. L’inattendu forge le voyage et le voyageur, et surtout créé de beaux souvenirs.

Henriette insiste : « ne pas être préparé est une bénédiction » car on ne devient expérimenté qu’en pratiquant, si les choses se passent mal vous aurez toujours des histoires à raconter. Elle pondère en indiquant qu’il ne sert à rien de faire des choses stupides, il s’agit de ne pas laisser ses peurs prendre le dessus.

Juvena se définit comme « mechanical idiot » au début de son voyage et Laure aurait aimé se préparer un peu plus en langue et en mécanique mais in fine, la meilleure école reste le terrain. Malgré les difficultés rencontrées, pas de regrets pour Laure. Elle avoue qu’ils ont rencontré tellement de problèmes mécaniques lors de leur premier mois qu’ils auraient peut-être abandonné leur voyage s’ils avaient été en Europe. Être sur un autre continent a fait qu’ils se sont investis deux fois plus dans la recherche de solutions, ce qui les a menés à de belles rencontres. Comme elle le dit « même perdue au bout du monde tu ne seras jamais seule ». La principale qualité du voyageur est la résilience et l’adaptation, plus que la préparation.

Sachant qu’on ne peut pas être totalement préparé, que ressentent-elles dans les derniers instants avant le départ ? Prise dans la spirale de la préparation, Laure « cochait une to-do list » sans se poser de questions, elle a réalisé ce qu’il se passait seulement lorsqu’elle est montée sur sa moto au Chili. A ce moment, elle est prise d’une pointe d’anxiété qui s’est dissipée aux premiers tours de roues.

Pour Juvena, le premier pas est le plus angoissant, elle a failli tout annuler. Une fois cette peur dépassée elle a vécu ce voyage comme une libération, en réalisant que le monde n’est pas aussi effrayant que les médias le disent. Henriette est à la fois triste de dire au revoir à son quotidien et sa famille, excitée à la perspective de cette nouvelle aventure, ceci mélangé à de la peur. Une heure avant le départ elle est triste, mais une fois qu’elle est partie la voyageuse reprend le dessus.

L’aventure commence près de chez soi – A2 Rideuses

© @celinefroissart

Même si on ne voyage pas au bout du monde, ces sentiments mélangés de peur de l’inconnu, d’envie de découverte, les motards les ressentent avec plus ou moins d’intensité. Je les ai ressentis aussi au début de mes road-trip, même si je suis restée en Europe. Des amis qui ne sont jamais partis en road-trip moto m’ont traité « d’aventurière » car je suis partie au cap nord en roadster à dormir en hôtel. Ils avaient été abreuvés de vidéos youtube avec des pistes, du camping sauvage et des rennes partout. J’ai rencontré une réalité différente, des routes très bien bitumées, des logements et des norvégiens accueillants, des rennes quasiment apprivoisés tellement ils rencontrent de touristes. Ma moto n’est pas celle qui peut accueillir le plus de bagages mais je la connais par cœur. Avant les 12 000km en un mois de cet aller-retour au cap nord, comme Henriette et Laure j’ai écumé les routes proches, partant de plus en plus loin, de plus en plus longtemps.

Quelle que soit la moto, de la 50cm3 à une trail suréquipée, quel que soit le voyage, de 2 jours à plusieurs mois, il n’y a pas de petites expériences. Elles vous forgent, vous font comprendre ce que vous aimez, ce que vous acceptez, voir même vous font apprécier des instants que vous n’auriez pas imaginé aimer. Personne ne devient Laurent Cochet en deux jours, regardez quelques vidéos de voyage pour vous inspirer, vous préparer un peu lorsque vous connaissez votre destination mais pas pour voyager par procuration, elles vous donneront un avant-goût mais ne remplaceront jamais la réalité du voyage.

Selon Laure, « le plus dur c’est de ne pas se poser de questions ! un voyage c’est sortir de sa zone de confort donc ça peut faire peur. Voyez les points positifs qu’apporte un voyage ». Alors suivez les conseils d’ Henriette : « just go » !

Suivez-les sur instagram / @henriette_fortheloveofwheels @gingeroutrider @thewanderingwasp

N’hésitez pas à échanger avec Céline en commentaire. Et retrouvez les vêtements de sa marque sur son site 2MileSix.com

2 thoughts on “A2 Rideuses : celles qui voulaient voyager jusqu’au bout du monde

  1. Merci pour cet article sur ces 3 rideuses tellement inspirantes ! Et vraiment, on confirme, le plus dur c’est de se lancer. Les soucis s’envoleront aux premiers kilomètres !

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