Royal Enfield Himalayan - A2Riders.com
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    Test Royal Enfield Himalayan : un trail trop limité ?

    J’ai profité d’une balade dans les Alpes pour découvrir le trail de chez Royal Enfield, l’Himalayan. Une moto simple mais polyvalente, loin du bourriquet asthmatique que je pensais trouver.

    Vous pouvez retrouver (par là) le long récit de ma balade sous la neige pour rejoindre la concentration hivernale des marmottes de Saint-Véran. Pour les pragmatiques, voici un essai plus classique. Sauf pour les photos, qui vont jeter un froid …

    Himalayan version 2021

    © Emerick Houplain pour A2 Riders

    En 2021, l’Himalayan 411 s’améliore discrètement : le moteur passe Euro5, quelques retouches esthétiques et notamment des protections latérales sur le réservoir, de nouveaux phares et un porte-bagages. À bord, un petit cadran TFT rond s’est ajouté, c’est la navigation connectée Tripper.

    D’ailleurs, si les compte-tours sont sympa, c’est un peu brouillon à lire avec des informations nombreuses et écrites petites. Il m’a fallu un peu de temps pour prendre mes repères. On notera la présence d’une boussole, si ça ce n’est pas un appel à l’aventure !

    Pour le reste, un grand guidon, une petite bulle qui fait bien le boulot pour protéger le buste, une selle qui se fait oublier et à vous les routes du monde.

    On notera quelques passages de câbles un peu fouillis mais l’ensemble de la moto est soignée, surtout pour cette gamme de prix.

    Une moto accessible

    © Emerick Houplain pour A2Riders

    Assis à 800mm du sol, on peut dire que c’est un trail accessible. Et comme la selle est fine, mon camarade Nico, du haut de son mètre 70, n’a pas arrêté de me piquer la moto.

    La moto pèse 185kg (sans les pleins) mais son centre de gravité est placé bas et se fait oublier assez rapidement. À part quelques manoeuvres en pente ou à l’arrêt, la moto est facile à prendre en main. Et on se sent vite à la maison, sans réfléchir à sa position de conduite.

    Moteur petit mais costaud !

    © Emerick Houplain pour A2Riders

    Le moteur est un monocylindre course longue, au caractère très souple. En termes plus simples, c’est un moteur qui vous laissera rouler à bas-régime (vers les 2000 tr/min) sans toussoter et menacer de caler. On passe en ville en 4e, sous les 3 000tr/min sans forcer, d’autant que la réponse à la poignée est fine et permet de bien doser l’accélération. Par contre, son réglage le rend moins rempli à mi-régime.

    Avec une puissance de 24,5ch à 6500tr/min vous ne taperez jamais fort dans les accélérations. C’est une moto qui se conduit dans le gras du régime moteur. Il n’y a que 5 rapports de vitesse et c’est largement suffisant. Mais son couple de 34Nm à 4500tr/min, en fait un petit tracteur qui trouvera toujours le moyen de vous emmener à destination, même sur une pente verglacée, pour peu que vous soyez patient.

    Côté consommation, le réservoir ne fait « que » 15 litres. Mais vu son appétit frugal (dans les 4l/100km, selon votre conduite bien entendu) vous en avez pour plus de 350 km. 

    Une moto facile qui n’aime pas se presser

    © Emerick Houplain pour A2Riders

    Sur l’autoroute, il faudra accepter de rester sur la voie de droite à 110km/h et vous serez plus heureux à sillonner le monde par les petites routes. Dans les virages, la moto est agile sans être nerveuse sur les changements d’angle. Malgré les grandes suspensions, on ne se sent pas balloté comme sur un paquebot. L’Himalayan a un comportement rigoureux et un châssis précis. La grande roue devant ne nuit pas au feeling de conduite sur bitume.

    L’Himalayan est une moto neutre, stable mais pas lourdingue. Un trail facile et instinctif, qui permet d’enrouler les virages avec plaisir. La conduite est abordée sous un autre regard que celui de la performance. Le freinage n’est pas très mordant mais il est bien proportionné à la moto et correspond au style de conduite détendu qu’elle requiert. Le simple disque avant de 300mm, 2 pistons (sans marque) est doux mais il fonctionne.

    Les pneus sont des CEAT indiens au profil mixte. Tant que c’est sec, tout va bien. Sur le mouillé on a vu bien pire chez les voisins chinois mais on restera prudent.

    Et pourquoi pas fuir par les chemins ?

    © Emerick Houplain pour A2Riders

    Enfin, puisque c’est une moto qui a été pensée pour les routes indiennes chaotiques, l’Himalayan vous emmènera en balade sur les chemins de terre avec ses suspensions de 200mm à l’avant et 180mm à l’arrière, une roue de 21 pouces à l’avant et des pneus tout-terrain. Les plus audacieux, habitués à l’exercice du off-road pourront s’amuser sur quelques difficultés plus importantes, d’autant qu’avec son sabot moteur et ses crash-bars, la moto ne risque pas grand chose. Attention tout de même, la garde au sol de 220mm et la présence de la béquille centrale (de série) va vite limiter vos ardeurs en enduro. 

    Conclusion

    C’est étonnant de voir une moto conçue pour le marché indien, venir à son rythme sur les routes européennes. Mais avec sa gueule de baroudeuse un peu rétro, l’Himalayan est convaincante et sonne juste dans son répertoire. Une moto simple, même si on sent la tentation de Royal Enfield de la moderniser pour faire chic avec la navigation connectée Tripper. Une moto qui vous trimballera jusqu’au bout du monde, sans jamais s’énerver et qui vous procurera du plaisir à sa manière, celui de l’équilibre intérieur.

    Un mot sur le prix quand même : 5 499 euros. L’inflation, la crise des composants, la crise du covid, Euro 5, le Tripper, le monde moderne est toujours plus cher …

    J’ai aimé :

    • Sa simplicité
    • Son monocylindre souple
    • Son look qui donne envie d’être un aventurier
    • Son comportement neutre et sain
    • Son état d’esprit général

    J’ai moins aimé :

    • La garde au sol si je devais faire plus de tout-terrain
    • Les pneus CEAT pas forcément convaincants sans être mauvais
    • Trop limité pour l’autoroute donc pas compatible avec mon quotidien, dommage !
    • Le Tripper, la technologie connectée qui n’a rien à faire là mais bon
    • Et ce prix qui gonfle

    Fiche technique ici

    Equipements de Julien (1,82 m – 80 kg) 

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