Schuberth S2 Sport - A2Riders.com
    Équipement
    3

    Casque Schuberth S2 Sport : faux casque de vieux et vrai bon casque pour débuter ?

    Disons le très honnêtement, Schuberth se traine une image de casques pour vieux. La marque que l’on porte quand on a 60 ans et une grosse GS. Pourtant il ne faut pas sous-estimer le savoir-faire allemand, surtout que dans leur catalogue il y a un casque qui peut tout a fait correspondre à un motard débutant sans GS ! Voici donc mon retour d’expérience sur un casque utilisé au quotidien pendant plusieurs mois et sur un road trip de 3000 km.

    Photos ©A2Riders / J. Muntzer

    Laissons gentiment sortir l’éléphant qui est dans la pièce : oui Schuberth fabrique des casques pour les militaires et la Police. Non, je ne ferai pas la faute de goût de faire des références aux casques à pointe. En fait, cela démontre surtout une expertise technique poussée à l’extrême et met en avant l’obsession du fabriquant pour la sécurité. D’ailleurs, leur niveau d’exigence les a porté jusqu’en F1 avec Michael Schumacher et encore aujourd’hui avec des pilotes comme Carlos Sainz et Max Verstappen.

    Malgré cette expérience de la compétition, le produit phare de Schuberth reste le casque modulable C4 Pro, celui du « commuter ». Un casque qui fait figure de Rolex du motard « Si t’as pas un Schuberth modulable et une GS à 50 ans t’as raté ta vie ».  Le pédigrée racing il faut le chercher ailleurs dans la brochure Schuberth, du côté du SR-S et du S2 sport. C’est ce dernier qui nous intéresse car c’est avec celui-là que la marque allemande peut être pertinente pour les permis A2.

    S2 Sport, le look sportif selon Schuberth : Polar dast is Scheun

    Le S2 sport est présent depuis quelques années dans la gamme. Il n’a subit que quelques changements de peintures. Si le teuton n’est pas connu pour être une fashion victime, les récents coloris « Polar » sont peut-être les moins pires que Karl, le designer du groupe, a pu nous sortir récemment. Au delà de la peinture de guerre, c’est un joli casque typé sport au look agressif mais aux lignes douces, sans appendices exubérants. Un casque plutôt épuré qui peut se porter sur tous types de moto.

    Il faut aussi savoir que chez Schuberth, ils adorent jouer avec leur grosse soufflerie. Et le S2 Sport y a passé de longs mois, 18 selon le communiqué. Riesig ! Mais combien d’heures au total ? Geheimnis ! De ce passage en soufflerie on décèle quelques discrets grigris aérodynamiques qui viennent améliorer le confort. Vous noterez ainsi sur la visière des petites pointes (non, s’il vous plait, restez calme) qui sont censées diriger le flux d’air avec plus d’efficacité vers le haut du casque. À la base de celui ci, une petite collerette qui doit venir soulager votre cou en offrant une légère portance aérodynamique à partir d’une certaine vitesse. 

    Dans l’ensemble cela donne un casque avec un excellent Cx (coefficient de pénétration dans l’air) qui produit peu d’air sale. Lors de mon road trip sur 3000 km en roadster Suzuki GSX-950 (prochainement publié sur le site), le S2 Sport s’est avéré un allié précieux pour survivre aux quelques 350 kilomètres de roulage quotidien. Très stable même à haute vitesse, je n’ai ressenti aucun point de pression à cause du vent pris en pleine figure, simple une sensation de douceur avec les flux d’air qui venaient caresser le casque. Les astuces aérodynamiques ont agi tout en sobriété et ont pallié l’absence de bulle du roadster naked, soulageant ainsi mon petit cou fragile. 

    Schuberth S2 sport : Schweigen ist Gold

    Photos ©A2Riders / J. Muntzer

    Cette conception en soufflerie est aussi un atout pour rouler dans un bon niveau de confort acoustique. Aucun bruit parasite d’air ou de sifflement ne vient gêner la balade. De quoi presque oublier les bouchons d’oreilles pour les longues distances. 

    De toute façon les casques Schuberth ont la réputation d’être toujours bien insonorisés. Le S2 Sport n’échappe pas à la règle avec une excellente protection sonore, qui s’avère gênante pour communiquer au feu rouge quand on roule à plusieurs «  Que dis-tu ? J’entends rien j’ai un Schuberth ! Quoi les flics ?! ».

    D’ailleurs chez Schuberth, ils font les malins avec les chiffres pour démontrer qu’ils sont pointus sur la maîtrise acoustique: 85 dB(A) à 100km/heure, c’est le volume sonore annoncé du casque, avec les ventilations fermées. Encore une fois, cela s’est vérifié au fil des kilomètres passé avec. Ruhig on vous dit !

    Côté aérations, sans avoir des ouvertures de partout, le Schuberth est bien ventilé. Une aération devant le menton qui fait remonter l’air sur l’écran et une sur le haut du casque pour votre petit crâne. Les deux sont faciles à manipuler avec des gros gants. On ressent bien la circulation de l’air tiré vers les deux extracteurs à l’arrière sans pour autant avoir la sensation d’être dans un courant d’air. Par plus de 30 degrès, il fait chaud mais on n’étouffe pas dans le casque visière fermée. Et l’hiver on peut ouvrir les aérations pour lutter efficacement contre la condensation sans faire rentrer l’eau. Ici aussi Schuberth roule des mécaniques en donnant des gros chiffres : un volume de 10 litres d’air par seconde à 100km/h serait ainsi canalisé dans le casque. Si quelqu’un veut se lancer dans une mesure de vérification, je suis preneur !

    Un atout pour les débutants : le champ de vision très large

    Lorsque l’on est débutant, le casque est une gêne qui vient diminuer notre vision et notre mobilité. Le S2 Sport possède un immense écran qui offre un excellent champ de vision périphérique. Le casque se fait oublier de nos yeux qui balayent la route et c’est une source de stress en moins quand on cherche encore ses repères en moto.

    L’écran possède un pin lock efficace contre la condensation quand il pleut. On peut rouler la visière ouverte sur différentes positions, grâce à des crans bien marqués, évitant ainsi que la dite visière ne vous claque sur le nez dès que vous prenez de la vitesse.

    Un écran facile à changer dès lors que l’on a réussi à se glisser dans le cerveau de Karl le concepteur du système sans outil. Vous allez voir, finalement c’est assez simple.

    Schuberth met à disposition plusieurs teintes pour un style travaillé. Tout comme pour le petit écran solaire qui se cache à l’intérieur et qui descend, grâce à un petit bouton glissière sur le côté, sans que sa course ne vienne finir par griffer mon gros nez. 

    Schuberth S2 Sport: le teuton doux et ferme.  

    Les mousses intérieures sont à l’image d’Angela Merkel, sympathique de prime abord, mais ferme en négociation. Elles sont très bien faites avec une matière très douce qui est agréable au contact de la peau (qui a dit comme Angela ?). Les mousses sont compactes mais suffisamment épaisses. 

    Lorsque l’on enfile le casque, on est calé au millimètre (je fais du 57 et j’ai pris un taille M) il faut donc tester une taille plus grande par précaution. Les joues sont bien enserrées sans être écrasées. Le tout semble manquer un peu de moelleux, mais je ne me suis pas senti compressé et je n’ai ressenti aucun point gênant qui aurait pu me faire mal, même sur une longue journée de roulage. En comparaison le C4 Pro s’avère plus inconfortable notamment au niveau des tempes et du front. 

    Ces mousses sont démontables, lavables, avec un traitement antibactérien, antiallergique, et même après de longues journées de moto en plein mois d’août, elles laissent la transpiration s’évaporer rapidement, évitant ainsi la fâcheuse sensation de remettre un casque trempé de sueur après un arrêt à la station essence.

    À porter, les 1450g ne se font pas sentir. Un poids qui est dans la moyenne des casques en fibres et les 2 tailles de calotte ne le font varier que de 50g.

    Schuberth S2 Sport : le sens du détail

    Ce casque est agréable à avoir en main comme sur la tête. Il est parfaitement bien assemblé, il n’y a pas un morceau qui semble prêt à se détacher, pas un collage raté, pas une vis qui dépasse. Le fabricant allemand est un maniaque de la finition et cela se voit. 

    Les plastiques sont de qualités, bien épais, ils font cossus au touché et cela respire la solidité à long terme, à l’image de la peinture extérieure que je n’ai toujours pas rayé au bout de six mois. Au final, même après 3000 km de road trip, l’intérieur ne s’est pas délité et le casque n’est pas couvert de rayures à force de le manipuler. On pourrait presque le remettre dans sa boîte d’origine.

    L’attention aux détails, c’est aussi une somme de petites choses qui comptent : la bavette anti-remous qui s’attache avec des scratch mais ne s’en va pas dès qu’on enlève le casque. C’est aussi la jugulaire qui s’attache avec une boucle double-D, pour être ajusté au millimètre. Une jugulaire qui possède possède d’ailleurs un anti-roll-off system, une fixation à l’intérieur du casque qui doit éviter que celui-ci ne bascule en avant en cas de chute, etc.

    Enfin, en bonus et parce que les Allemands ne sont pas que des sauvages en sandales chaussettes : le S2 Sport peut accueillir un système d’intercom de la marque Cardo développé pour Schuberth, le  SRC-System™. Il est intégré au rembourrage de la nuque et permet ainsi d’éviter de coller un truc moche sur le coté qui foutrait en l’air le travail en soufflerie de Karl et ses copains.  

    Conclusion : le Schuberth S2 Sport c’est du sex appeal intelligent

    Photos ©A2Riders / J. Muntzer

    Si ce casque commence à avoir quelques années, il est toujours aussi pertinent sur le marché. Polyvalent entre pratique sportive, quotidien et surtout touring où il fait vraiment la différence sur les longs trajets, notamment en roadster. Un équipement qualitatif dont les points forts (champs de vision, bon maintien sur la tête) en font casque premium pour débuter. Le S2 sport n’a pas de réel défaut, si ce n’est un schéma de peinture un peu clivant mais vous aurez la possibilité de le prendre en matt black qui lui offre un très joli look badass. L’autre défaut c’est peut-être un prix un peu au dessus de la moyenne mais comme le modèle ne date pas d’hier, vous pouvez désormais le trouver à 350 euros chez certains revendeurs.

    Voilà un casque qui va durer dans le temps et vous accompagnera au-delà du A2. Il faut juste accepter de surmonter l’image de casque à  pointe pour vieux que se traine Schuberth. 

    Je suis A2 et j’approuve ce message !

    Si j’ai omis de parler de quelque chose, demandez-moi en commentaire. Et donnez-moi votre avis sur ce casque !

    Fiche technique Schuberth S2 Sport

    • 2 tailles de calotte
    • Fibre de verre renforcée par Duroplast
    • Ecran remplaçable sans outils
    • Pinlock antibuée
    • Ecran solaire interne
    • Intérieur : mousse EPS, démontable et lavable, tissus coolmax antiallergique/Antibactérien
    • Garantie 5 ans
    • poids 1450gr (+/- 50gr) 

    3 thoughts on “Casque Schuberth S2 Sport : faux casque de vieux et vrai bon casque pour débuter ?

    1. Salut Julien.
      Tout d’abord je suis super content de retrouver cette rubrique A2 sur ton nouveau site Web 😃👍.
      Apres un an en 125 je suis en plein dedans (code et plateau validé) je lis donc avec attention cet essai de ce casque qui a l’air vraiment pas mal!
      Juste une petite remarque (sans vouloir jouer les profs de français loins de là ) il faut dire « ont pallié l’absence de.. » au lieu de « ont pallié à l’absence de… » 😉
      Merci et longue vie au A2 sait mieux 👍

      1. Bonjour Guillaume ! Merci pour ton retour je vais pouvoir corriger.
        Le casque est vraiment bien, je suis actuellement en road trip avec et il s’avère toujours aussi confortable à porter.
        N’hésites pas à nous tenir au courant quand tu auras fait ton choix, avec une photo en bonus !
        Au plaisir et merci pour tes encouragements !
        Julien

    Laisser un commentaire

    %d blogueurs aiment cette page :