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    Aprilia RS 660 : 5 raisons qui en font une bonne moto pour débuter

    Pour fêter la naissance du site il me fallait marquer le coup avec une moto qui décolle la rétine. Du coup je me suis dit qu’une petite bombe italienne jaune-vert citron ça ferait l’affaire. « Mais non Julien ! C’est acid gold ! Il faut tout vous expliquer à vous les A2 » m’engueule le chef d’atelier chez Aprilia en me sortant la RS 660 du garage. Décidément, ça commence bien cette nouvelle aventure de A2 Riders.

    Aprilia RS 660 – ©A2 Riders

    La Aprilia RS 660 c’est à mon avis la moto A2 la plus désirable du marché. Une italienne qui donne envie de se prendre pour un jeune Valentino Rossi même quand on a le coup de guidon de David Douillet. Mais c’est surtout une grosse prise de risque pour la firme de Noale qui a décidé de ressusciter les sportives mid-size tombées en désuétude bien avant que le permis A2 ne fasse son apparition. Et comme je dis toujours il n’ y a pas de hasard, il n’y a que des …

    Pour le baptême du site, j’inaugure un nouveau format : 5 bonnes raisons qui font de cette moto un excellent engin pour débuter sa vie de motard. 

    Raison numéro 1 : l’Aprilia RS 660 donne envie de rouler

    Une bonne moto c’est d’abord et avant tout une moto que l’on désire en la regardant. Et oui, c’est un propriétaire de Versys qui vous dit ça. Pardonnez-moi, mais cette Aprilia possède un vrai pouvoir d’attraction, on ne peut s’empêcher de la regarder, de la disséquer, de l’admirer sous tous les angles. Une moto au design réussie et ça na rien d’étonnant quand on sait qu’à l’origine du coup de crayon il y a Miguel Galuzzi. Michel, c’est juste le designer à l’origine de la Ducati Monster et de la RSV4. La signature LED à l’avant et les appendices aérodynamiques parfaitement intégrés en font une moto au look agressif mais pas vulgaire. Une ligne équilibrée, une moto ramassée, même à l’arrêt cette Aprilia va vite. Et puis cette couleur, Acid gold, qui change selon la lumière, c’est le meilleur moyen de faire tourner les têtes et de se frayer un chemin dans la circulation simplement en se plaçant dans les rétroviseurs des voitures !

    Raison numéro 2 : Aprilia et la philosophie du plaisir immédiat

    Aprilia RS660 (A2)
    Photos ©A2Riders / J. Muntzer

    Les anciennes sportives mid-size étaient radicales. Tout l’inverse de cette Aprilia qui fait des compromis assez simples pour rendre le quotidien à son guidon supportable. Par le passé, la Yamaha R6 ou la Triumph Daytona 675 comme beaucoup d’autres, étaient des motos exigeantes et pointues à conduire car taillées pour la piste et la piste seulement. Insupportable au quotidien, elles ne s’adressaient qu’aux pilotes refoulés les plus passionnés. Comme pour eux, il y a la RSV4, Aprilia s’est permis de faire de sa petite sportive une moto accessible et polyvalente.

    D’abord parce qu’elle reste confortable. La position reste celle d’une sportive mais ne tombe pas dans l’extrême. Le guidon est un peu plus proche de vous que sur une hyper sportive. On est un peu plus droit même si on sollicite quand même les poignets. Même les genoux ne sont pas repliés à l’extrême. Finalement on est presque proche d’une routière.

    Ensuite, parce que c’est une moto fine, la plupart des gabarits se sentiront à l’aise dessus malgré les 820mm de selle. Le réservoir ressemble à une petite sculpture avec sa ligne échancrée qui permet à la fois de ne pas trop écarter les jambes pour poser le pied au sol à l’arrêt mais en même temps de bien le serrer pour rouler à l’attaque. Avec son poids plume de 185kg environ (tous pleins faits) voilà une moto qui ne pose pas trop de problème à la manoeuvre. 

    Vous ne serez donc pas torturé dans votre quotidien et lorsqu’il s’agira d’ouvrir les gaz, c’est un plaisir immédiat qui s’offre à vous car même sans grandes compétences, il suffit de placer le regard et la moto suivra, même sans faire l’effort de déhancher. À son guidon, j’étais de toute façon 10 km/h plus vite dans des virages que j’ai l’habitude de prendre. Et je n’ai pas décollé les fesses de la selle ! 

    La qualité du châssis bien équilibré et sa rigidité inspirent confiance. On enchaine les virages en la mettant sur l’angle sans se faire peur et sans forcer. Les suspensions bien que réglées, pour un peu de confort au quotidien, sont rigoureuses et la moto ne se dandine pas. 

    Une moto rassurante qui donne toujours l’impression d’être en contrôle, de ne pas être débordé. On parvient à rattraper ses erreurs grâce à ses qualités intrinsèques mais aussi par l’électronique embarquée, comme on le verra un peu plus loin.

    Raison numéro 3 : un excellent moteur 

    Aprilia RS660 (A2)
    Photos ©A2Riders / J. Muntzer

    Un moteur tout neuf que la RS 660 est la première à recevoir. Il hérite de certaines recettes développées sur sa grande soeur la RSV4. 

    Aprilia a réussi un joli tour de force car c’est un moteur très complet, avec une grande plage d’utilisation. Un moteur qui possède à la fois plein de couple (64Nm annoncé) et qui avec ses 100 ch (95 pour la version A2 une fois débridée) est plus puissante que la concurrence à cylindrée équivalente, qui ne tire en moyenne que 70ch. 

    Un moteur qui possède un double visage. D’abord il est doux et docile, souple à bas régime, avec une belle reprise même en 5e à 50km/h, descendu à 2000 tr/min ce qui est le ras des pâquerettes en moto.

    Puis on ouvre les gaz, la vitesse grimpe vite sans forcer et passé les 5000tr/min le petit bicylindre se réveille, devient plus rageur et grogne comme un doberman. L’accélération est vive mais la puissance ne saute pas à la gueule, c’est progressif. Le moteur est joueur et dynamique, mais l’on reste toujours avec la sensation d’être en maitrise de l’action, même lorsque on ouvre en grand, bien aidé par le ride by wire qui offre une réponse à la poignet très précise.

    Avant de clore ce point, parlons du bridage. Il s’effectue directement sur la cartographie moteur, c’est un déplacement de la plage d’utilisation vers le bas. L’avantage c’est que l’on se retrouve à 140km/h avant de dépasser les 6000 tr/min, ce qui pour un novice en A2 offre une belle sensation. Il vous manquera une poignée de milliers de tour sur l’allonge par rapport à la full, puisque vous vous arrêterez un peu avant les 9000 tr/min ce qui est déjà bien haut pour une moto bridée à 35kW !


    Raison numéro 4 : une moto qui en donne pour son argent et son A2

    Aprilia RS660 (A2)
    Photos ©A2Riders / J. Muntzer

    Alors oui 11 000 euros, c’est cher et j’entends déjà râler les partisans du tromblon à 2000 euros pour débuter me dire: « tout ça pour se foutre parterre, ça sert à rien ». Comme toujours, il ne faut pas ignorer que le passage obligé du A2 concerne aussi une population plus âgée que l’étudiant pauvre de 20 ans. Et beaucoup ont envie de se faire plaisir avec un bel objet sans passer deux ans au purgatoire.

    N’empêche qu’à ce prix là, Noale a mis le paquet sur l’électronique. On a un package digne d’une petite superbike : ride by wire, shifter de série, centrale inertielle multi-axes, ABS cornering, anti-wheeling, anti-patinage. 5 modes de conduites, dont 2 dédiés à la piste. Un mode personnalisable pour régler sur 3 niveaux tout ce que j’ai cité précédemment, sans oublier le launch control, la possibilité d’inverser les passages de vitesse et le régulateur de vitesse. Alors le coup du cruise control, j’ai pas compris mais bon tant qu’à faire !

    Tout ces éléments en font une moto à la fois performante et facile pour débuter car elle s’adapte au niveau de son pilote.

    Raison numéro 5 : ma vraie première sportive

    Aprilia RS660 (A2)
    Photos ©A2Riders / J. Muntzer

    Pour ceux qui ont lu mes papiers à l’époque de Motoservices, ils m’ont déjà entendu dire ça. Sauf que cette fois il y a une vraie différence : ce n’est pas un roadster de débutant caréné pour ressembler à une sportive, ici c’est pour de vrai. Vraie position, vrais freins, vrai moteur, vrai châssis.

    Une moto évidente à conduire et suffisamment efficace pour n’avoir qu’une idée en tête: travailler ses trajectoires et peaufiner son style. Alors me voilà embarqué dans des exercices de contre-braquage, de pressions sur les repose-pieds, pour analyser la réaction de la moto et améliorer mes virages. L’Aprilia réagit à chaque interaction, c’est ludique et elle en demande toujours un peu plus et moi avec. On a très vite envie de se déhancher sur cette moto compacte, de sortir le postérieur sur le côté, de tendre le genou dans chaque virage pour se rapprocher du sol. Alors que je n’ai pas l’habitude de rouler en sportive, je me suis naturellement collé au réservoir pour me sentir plus à l’aise.

    Clairement, elle ne cache pas sa vocation à faire des journées circuits. Un petit réglage sur la fourche et la suspension arrière, vous passez ensuite sur l’un des deux modes de conduite dédié à la piste (Time attack et challenge) qui vous permettront de déconnecter l’anti-patinage et l’ABS, de paramétrer la moto au plus proche de votre style de pilotage, et même d’afficher en gros sur le TFT vos temps au tour pour les comparer avec les copains. Ici se trouve les deux gros défauts de la moto. D’abord Aprilia ne fournit pas des amis équipés en RS 660. Ensuite vous n’aurez plus d’excuse quand à votre manque de talent sur la piste. 

    Conclusion : cultiver les antinomies n’est pas un vilain défaut

    Aprilia RS660 (A2)
    Photos ©A2Riders / J. Muntzer

    Cette RS 660 cultive les antinomies. Performance et facilité, fun et sécurité mais elle le fait bien et on lui pardonne ce côté intello.

    En plus, contrairement à la réputation des Italiens, Aprilia a mis l’accent sur la qualité de finition et d’assemblage, cela respire la qualité. Son prix va la réserver à certains A2 un peu plus matures, surtout côté compte en banque. 

    Je ne peux pas terminer cet essai en ne disant que du bien de cette Aprilia. Alors voici la liste des vrais défauts que j’ai essayé de vous cacher tout du long : la commande pour les appels de phare est mal placée, j’arrête pas d’appuyer dessus en utilisant l’embrayage. Et puis, j’ai le talon du pied droit qui frotte le bras oscillant c’est désagréable et ça abime la moto. « T’as qu’à te faire raboter tes pieds de clowns ! » me rétorque le chef d’Atelier Aprilia en ramenant la moto. 

    Avec tout ça on aurait presque envie de la comparer à la vénérable RS250 des années 90. Finalement, il ne manque qu’un essai sur piste pour vraiment appuyer mes propos et lui trouver des défauts. Je n’ai plus qu’à rappeler Aprilia, pour leur demander de me la prêter à nouveau, histoire de faire une petite vidéo, vous en pensez quoi ? 

    Je suis A2 et j’approuve ce message !

    Et vous, c’est quoi votre première sportive idéale pour débuter ?

    9 thoughts on “Aprilia RS 660 : 5 raisons qui en font une bonne moto pour débuter

    1. Excellent article, qui donne envie au fébrile que je suis fasse aux sportives d’aller tout de même l’essayer, ne serait-ce que pour goûter aux sensations qu’elle procure. La rigueur de châssis et l’accessibilité en faisant à mon sens les deux fers de lance appelant à tout de même s’installer à son guidon, même lorsque nous sommes de simples « néophytes » (certains plus que d’autres).
      Il ne te reste plus qu’à en trouver 2 et à me rejoindre sur le circuit de Pau Arnos pour que l’écran TFT nous dise le quel des deux est le plus moulé dans sa combinaison en cuir 😁 ✌🏻

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